Performance

BETON Julien Carlier

Le skatepark devient scène, sans se renier

Au skatepark des Ursulines, ‘BETON’ de Julien Carlier commence avant même que la représentation ne débute réellement. Le public s’installe dans cette architecture de courbes et de creux, entre habitués du lieu, spectateurs des Brigittines et des Tanneurs (coproducteurs, entre autres), amis des skateurs et passants de fin de journée. Un train passe, les cloches de l’église résonnent au loin, l’odeur des frites se mêle à celle du cannabis. On est à la fois dans un lieu de vie et dans un espace de représentation. C’est dans cette ambiguïté que le spectacle trouve sa première force.  (NL Vertaling onder)      

Uitgelicht door Lodie Kardouss
BETON
Lodie Kardouss Skatebowl Ursulinenstraat Brussel
18 juni 2026

Chorégraphe bruxellois formé au breakdance et à la kinésithérapie, Julien Carlier développe un travail hybride entre différentes pratiques physiques et artistiques et des éléments issus du réel, transformés en matière chorégraphique. Dans ‘BÉTON’, cette démarche s’ancre directement dans le lieu de représentation.

Loin d’utiliser le skatepark comme simple décor, ‘BETON’ semble naître de lui. Le bowl, les banks et les quarter-pipes deviennent simultanément partenaires de jeu et éléments scénographiques. Lorsque la musique surgit et que les dix interprètes — six performeurs, tantôt danseurs, tantôt skateurs, parfois les deux à la fois, rejoints par quatre skateurs issus de la scène locale — investissent l’espace, on assiste moins à une démonstration qu’à une prise de possession progressive du terrain. Les trajectoires se croisent, les vitesses s’accordent, les corps cohabitent.

Un langage commun entre skate et danse

L’une des réussites de la pièce réside dans sa manière de faire dialoguer langages. Le skate n’est jamais réduit à la prouesse, pas plus que la danse — breakdance et danse contemporaine — ne cherche à ‘ennoblir’ une pratique urbaine. Les disciplines se répondent en permanence : une glisse se traduit en déplacement dansé ; un saut dialogue avec une figure au sol ; un rythme de roues rencontre un rythme de corps. Cette recherche d’équivalences produit des images.

Certains moments marquent particulièrement — notamment le solo de Victor De Neys autour du bowl. Accompagné d’une bande-son traversée par des sons aquatiques, il passe d’une fluidité organique à une résistance plus rugueuse, mais tout aussi vivante. Le relief du skatepark transforme soudain le béton en paysage liquide. Une performeuse enchaîne des figures de breakdance au sol, un autre travaille l’équilibre sur un muret aux arêtes nettes ; le regard circule à travers le site.

BÉTON’ semble pensée depuis le lieu même où elle se déploie.

Cette circulation permanente rappelle quelque chose de l’esprit originel de la rue. À une époque où de nombreuses formes urbaines ont été absorbées par les scènes institutionnelles, ‘BETON’ opère un renversement. La pièce ne donne pas l’impression d’avoir été conçue sur un plateau avant d’être déplacée à l’extérieur ; elle semble pensée depuis le lieu même où elle se déploie. En cela, elle retrouve quelque chose de profondément populaire, sans jamais tomber dans le folklore.

West Side Story

Se dessine également une dynamique de groupe qui évoque parfois ‘West Side Story’. Deux communautés se défient, s’observent, se répondent par le mouvement. Le spectacle évite le cliché : les frontières entre danseurs et skateurs restent poreuses, grâce à plusieurs interprètes capables de naviguer entre les deux univers. Cette hybridation constitue l’un des enjeux les plus féconds du projet.

C’est aussi là que se situe, paradoxalement, sa principale marge d’évolution. Certaines propositions très justes apparaissent — notamment, lorsque skateurs et danseurs se rejoignent dans une même qualité de jeu — mais s’interrompent trop rapidement. Cette impression se retrouve dans le rythme général : quelques longueurs apparaissent, non par manque d’engagement des interprètes — Victor De Neys, Mali Dewamme, Nouri El-Mazoughi, Jules Houdin, Jules Rozenwajn, Jimmy Van Ruysevelt — dont l’investissement reste constant. Cela tient au fait que certaines matières oscillent entre aboutissement et développement, ce qui ralentit parfois la dynamique générale.

Cette frustration est finalement un compliment. Si l’on souhaite voir certaines idées prolongées, c’est parce que la fusion entre les disciplines fonctionne réellement. Lorsque le breakdance et le skate se rencontrent pleinement, ‘BETON’ atteint une qualité rare : celle d’un langage commun qui ne gomme pas les différences, mais les met en relation.

Des corps en communauté

La pièce touche surtout par son honnêteté. La joie du groupe n’est jamais démonstrative ; elle naît de la manière dont les interprètes prennent soin les uns des autres. Dans cet environnement où le risque est omniprésent, la vigilance mutuelle devient visible. Une éthique du collectif se dessine : des corps qui s’entraident, se testent, se soutiennent et apprennent ensemble.

Julien Carlier parvient à trouver quelque chose de plus précieux : une vérité des corps dans l’engagement et le plaisir d’être ensemble.

C’est peut-être là que réside la plus belle réussite de ‘BÉTON’. Plus qu’un spectacle sur le skate ou la danse, la pièce donne à voir une communauté en mouvement qui accepte le risque, célèbre l’effort et transforme un morceau de ville en espace de rencontre. Dans un paysage chorégraphique où l’hybridation des disciplines est devenue fréquente, Julien Carlier parvient à trouver quelque chose de plus précieux : une vérité des corps dans l’engagement et le plaisir d’être ensemble.

À Bruxelles, d’autres projets ont déjà croisé danse et skateboard autour de notions proches de communauté ou d’engagement. ‘BÉTON’ s’en distingue par une approche plus incarnée, qui semble venir de la pratique elle-même plutôt que d’un regard porté sur elle : une écriture directe, moins surplombante, traversée par une forme d’évidence dans les corps. C’est cette sincérité qui demeure après que les roues ont cessé de rouler sur le béton.

NL Vertaling

Het skatepark als een podium dat zichzelf niet verloochent

‘BÉTON’ van Julien Carlier speelt zich af in het skatepark aan de Ursulinenstraat in Brussel. Het stuk begint al voor de voorstelling echt van start gaat. Het publiek van Les Brigittines en Les Tanneurs, coproducenten van ‘BETON’ neemt in deze architectuur van rondingen en holtes plaats tussen vaste gebruikers, vrienden van de skaters en voorbijgangers aan het eind van de dag. Een trein passeert, kerkklokken luiden in de verte, de geur van frieten vermengt zich met die van cannabis. Deze plek is tegelijk het toneel van het echte leven en van de voorstelling. Precies uit deze dubbelzinnigheid put de voorstelling haar eerste kracht.

Julien Carlier, een Brusselse choreograaf met een achtergrond in breakdance en kinesitherapie, ontwikkelt een hybride oeuvre. Het verbindt diverse fysieke en artistieke praktijken met stukjes werkelijkheid die hij transformeert tot choreografisch materiaal. In ‘BÉTON’ is deze aanpak direct verankerd in de locatie zelf van de voorstelling. De skatebowl is in ‘BÉTON’ niet louter als decor: het stuk lijkt eruit voort te komen. De bowl, de banks en de quarter-pipes worden zowel spelpartners als scenografie. Als de muziek aanzwelt en de tien artiesten – zes performers, dansers, skaters of beide tegelijk, vergezeld van vier skaters uit de lokale scene – de ruimte inpalmen zijn we minder getuige van een demonstratie dan van een geleidelijke inbezitneming van het terrein. Trajecten kruisen, snelheden stemmen zich af, lichamen bewegen samen.

Een gemeenschappelijke taal tussen skaten en dans

Een van de sterke punten van het stuk ligt in de manier waarop verschillende uitdrukkingsvormen dialogeren. Skaten beperkt zich nooit tot krachtpatserij, net zomin als de dans – breakdance en hedendaagse dans – een stedelijke praktijk trachten te ‘veredelen’. De disciplines spelen voortdurend op elkaar in: een glijbeweging vertaalt zich in een dansant gebaar; een sprong gaat een dialoog aan met een figuur op de grond; het ritme van de wielen verbindt zich met dat van de lichamen. Uit deze zoektocht naar overeenkomsten ontstaan beelden.

Sommige momenten, en met name de solo van Victor De Neys rond de bowl zijn bijzonder indrukwekkend. Op een soundtrack vol waterklanken evolueert hij van organische vloeiende figuren naar een ruwer, maar even levendig antwoord. Het beton van de skatebowl beton lijkt erdoor te muteren tot een vloeibare ondergrond. Een vrouwelijke performer voert op de grond breakdancefiguren uit, terwijl een andere zijn evenwicht op de proef stelt op een smalle richel. Je blik kan vrij ronddwalen over de site.

Die continue beweging herinnert aan de oorspronkelijke spirit van straatdans. Nu de institutionele scene die stedelijke expressies steeds vaker recupereren, zorgt ‘BETON’ voor een ommekeer. Het stuk wekt niet de indruk dat het op een podium is bedacht en vervolgens naar de straat verplaatst; het lijkt werkelijk bedacht vanuit de plaatst waar het zich ontplooit. Het stuk keert terug naar de intrinsiek populaire oorsprong, maar zonder in folklore te vervallen.

West Side Story

Soms ontstaat een groepsdynamiek die doet denken aan ‘West Side Story’. Twee gemeenschappen dagen elkaar uit, observeren elkaar en reageren op elkaar via bewegingen, maar de voorstelling mijdt het cliché: de grenzen tussen dansers en skaters blijven poreus, omdat veel van de artiesten erin slagen om tussen beide werelden te laveren. Deze vermenging vormt een van de meest vruchtbare aspecten van het project.

Paradoxaal genoeg ligt hier ook een belangrijke kans voor verdere ontwikkeling. Er duiken enkele zeer geslaagde momenten op, in het bijzonder als de spelkwaliteit van skaters en dansers op elkaar afgestemd raakt, maar die worden te snel afgebroken. Die indruk krijg je ook in de algemene flow van het werk. Sommige momenten voelen langdradig aan. Dat ligt niet aan de inzet van de artiesten — Victor De Neys, Mali Dewamme, Nouri El-Mazoughi, Jules Houdin, Jules Rozenwajn, Jimmy Van Ruysevelt —. Integendeel zelfs. Het komt doordat sommige fragmenten het midden houden tussen ontwikkeling en uitgewerkte vorm. Dat remt de dynamiek van de voorstelling soms af

Mijn frustratie daarover is nochtans uiteindelijk een compliment. De wens om bepaalde ideeën meer uitgewerkt te zien is een gevolg van het feit dat fusie van disciplines echt werkt. Wanneer breakdance en skateboarden elkaar volledig ontmoeten, bereikt ‘BETON’ een zeldzame kwaliteit: die van een gemeenschappelijke taal die verschillen niet uitwist, maar juist verenigt.

Lichamen in gemeenschap

Het stuk raakt vooral door zijn oprechtheid. De vreugde van de groep is nooit opzichtig; ze komt voort uit de manier waarop de dansers voor elkaar zorgen. In deze omgeving waar risico alomtegenwoordig is, wordt de wederzijdse waakzaamheid zichtbaar. Er tekent zich een collectieve ethiek af: lichamen die elkaar helpen, op de proef stellen en ondersteunen om samen leren. Misschien is dat wel de mooiste verdienste van ‘BÉTON’. Het stuk is meer dan een voorstelling over skaten of dans; het toont een gemeenschap in beweging die risico’s accepteert, inspanningen viert en een stukje stad omtovert tot een ontmoetingsruimte. In een choreografisch landschap dat routineus disciplines is gaan mengen, vindt Julien Carlier een kostbaar goed: een lichamelijke waarheid in de toewijding en het plezier van het samenzijn.

In Brussel hebben andere projecten dans en skateboarden al eerder gecombineerd rond begrippen als gemeenschap of betrokkenheid. ‘BÉTON’ onderscheidt zich hiervan door een meer belichaamde benadering, die eerder uit de praktijk zelf lijkt voort te komen dan uit een blik van buitenaf: een directe, minder betuttelende stijl, doordrongen van een soort vanzelfsprekendheid in de lichamen. Het is deze oprechtheid die blijft hangen nadat de wielen stopten met over het beton te rollen.        

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